Le puits de Rûma, dernier puit prophétique

Le Prophète ﷺ a entretenu sept puits dans la ville de Médine en leur portant une attention particulière et en les rendant gratuitement...

Le Prophète a entretenu sept puits dans la ville de Médine en leur portant une attention particulière et en les rendant gratuitement accessibles à tout un chacun. Parmi eux, le puits de Rûma, seul puits médinois dont le Prophète (s) s’est abreuvé à être encore actif aujourd’hui.

Au moment de l’hégire, il n’était pas aisé de se procurer de l’eau pour la plupart des Muhajirûn car beaucoup de puits appartenaient à des personnes qui faisaient payer l’eau, parfois à des prix élevés, exerçant ainsi un monopole sur l’eau dans certaines parties de la ville. C’était le cas dans la partie nord-ouest de la ville où se trouvait la source de Rûma.

Le Prophète tenta de racheter ce puits pour le rendre public et gratuit mais son propriétaire refusa, demandant une somme très élevée. Le Prophète promit alors une source d’eau au Paradis à celui qui le rachèterait. C’est ‘Uthmân b. ‘Affân, surnommé «le riche», qui l’acheta alors, et creusa un puits pour rendre cette source abondante, accessible à tous les habitants de la région. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’on le surnommera aussi le puits de ‘Uthmân.

Ce dernier en prit grand soin et acheta même les terres voisines, créant ainsi «un waqf», bien commun appartenant à toute la société, au nom du bien public. Cet entretien s’inscrivait dans la politique mise en place par le Prophète visant à racheter et entretenir des puits dans chacune des zones de la ville de Médine. L’objectif était que tout un chacun puisse boire, se laver, abreuver ses bêtes et arroser ses plantations gratuitement.

Depuis, l’entretien du puits de Rûma n’a jamais cessé puisque la ferme et le puits du waqf de ‘Uthmân existent encore aujourd’hui, soit plus de 1400 ans plus tard. Il nous rappelle que l’entretien des sources d’eau est essentiel, car celles-ci constituent un héritage. Cela n’est pas sans nous rappeler l’importance de la miraculeuse source de Zamzam directement liée au développement de la ville sainte de La Mecque.

Enfin, nous pouvons tirer plusieurs enseignements de cet épisode. D’une part, retenons que le waqf est un acte méritoire et que sa récompense est conséquente pour l’au-delà, comme en témoigne le fait que ‘Uthmân a été récompensé pour cet acte de partage et de générosité par la promesse d’être admis au paradis.

D’autre part, il est de notre devoir en tant que musulman de préserver les ressources naturelles et d’inciter les autres à le faire en leur enseignant ainsi l’importance de prendre soin des éléments essentiels de la nature comme l’eau.

Cette source naturelle est en effet un élément vital et primordial à la vie quotidienne de l’être humain. Ainsi l’eau est avant tout une miséricorde de Dieu que l’on ne doit pas négliger. «Et de l’eau, nous avons fait toutes choses vivantes ». (21 : 30)

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