La place des enfants

Quelle place pour les enfants dans la maison de Dieu ?

Les enfants sont le plus grand trésor d’un peuple. Ils sont le futur espéré qui rayonne. Chaque génération souhaite que sa filiation marque l’histoire par une réussite certaine. Quand nous pensons à nos enfants, nous voulons des lettrés, des savants et des scientifiques, nous voulons de l’innovation et de l’invention. Et nous voulons qu’ils aient une foi puissante, une spiritualité profonde et qu’ils éprouvent de l’amour pour Dieu, pour le Prophète et pour l’humanité.

Et nous essayons de faire en sorte que nos enfants soient à l’image de nos attentes. Ainsi, nous les éduquons, nous les inscrivons dans les plus grandes écoles et dans les plus grands clubs de sport. Nous leur offrons tout ce qui peut les aider à réaliser nos espoirs. Nous les conduisons également à la mosquée pour leur inculquer l’amour de Dieu, et l’amour de la mosquée.

Cependant et contrairement à nos attentes sur ce point précis, nos enfants n’apprécient pas la mosquée. Ils refusent de rater un entraînement de foot ou une séance d’équitation, ils attendent la rentrée des classes avec impatience mais n’aiment pas « l’école arabe » et « les prières prolongées ».

Mais pourquoi n’aiment-ils donc pas ce lieu béni ? Il suffit pour le savoir de leur poser la question. La réponse est presque toujours la même. Effrayante. « Parce que les adultes nous crient tout le temps dessus. » « Silence, vous n’êtes pas dans une cour, c’est une mosquée voyons ! » « Ouais t’as vu comment ils s’énervent pour rien à chaque fois !! alors qu’on n’a rien fait de mal ! » « Nous, on veut juste nous amuser ! »

L’innocence de ces réponses nous poussent à un constat dramatique : le déplaisir de nos enfants à être dans une mosquée est le fruit de notre comportement. Nos enfants sont d’une grande intelligence et ils feront avec l’aide de Dieu, de grandes choses dans leur vie ! Mais seront-ils attachés aux mosquées comme nous l’espérons ? Si les enfants ne trouvent pas une mosquée accueillante à leur égard, ce ne sera certainement pas le cas. Nous nous rendons dès lors compte qu’il faut changer les choses. Ces enfants, n’attendent qu’un pas de notre part pour apprécier la mosquée et aimer y être.

Essayons de prendre exemple sur notre bien-aimé Prophète qui était d’une douceur incroyable avec les enfants en étant compréhensif et indulgent. À cet égard, on peut citer l’histoire, rapportée par al-Bukhârî, et que nous conte ‘Abdallah b. al-‘Abbâs, qui n’était alors qu’un enfant d’environ 12 ans : « je suis arrivé avec mon ami sur le dos d’un âne en passant devant le Messager d’Allah alors qu’il guidait la prière en présence de ses compagnons, durant le pèlerinage de l’Adieu, à Minâ. Nous avons  alors relâché l’animal pour le voir s’ébattre dans les rangs des hommes en prière. Au même moment, nous avons vu deux fillettes courir et se mêler aux rangs. Devant tout cela, non seulement nous avons constaté l’indifférence du Noble Messager mais aussi celle des compagnons : aucun ne chercha à nous réprimander. »

Penser que nos enfants n’aiment pas les mosquées pour d’autres raisons que celles cités plus haut est une erreur et penser qu’ils changeraient si nous les obligions à y aller plus souvent est une aberration. Nous, les adultes, sommes le maillon faible de ce cercle et c’est donc à nous d’adapter notre pensée et nos mosquées pour pouvoir accueillir nos enfants et les faire aimer ces maisons de Dieu, ces mosquées qui sont l’objet de l’amour de Dieu.

‘Abdallah b. al-’Abbâs, qui était le cousin du Prophète deviendra par la suite l’un des précurseurs de l’exégèse du Coran. Surnommé “l’encre de la communauté musulmane”, il est considéré comme l’un des plus grands savants de l’Histoire de l’Islam.

%s

X