Le Prophète ﷺ et l’éducation

Le Prophète ﷺ était un éducateur hors-pair. Sa méthodologie d’éducation se fondait sur un principe de respect, d’humanisme et d’écoute, dans le but de laisser l’empreinte la plus forte possible sur les enfants, mais aussi sur les adultes.
Une des caractéristiques les plus importantes de son éducation, et qui est malheureusement l’une des moins connues, est certainement sa douceur. La douceur du Prophète ﷺ dans ses comportements et ses enseignements était un élément très marquant dont témoignent les compagnons.

Anas b. Mâlik a accompagné au quotidien le Prophète Muhammad ﷺ pour le servir durant les 10 années qu’il vécut à Médine avant son décès. Il est certainement l’un des compagnons qui a le plus bénéficié de son éducation, puisqu’il n’avait que 10 ans au moment de l’hégire. Son témoignage est donc extrêmement précieux, dans une période de sa vie où le Prophète ﷺ était certainement le plus « occupé » par la gestion politique et sociale de l’Etat qu’il était en train de fonder à Médine.
Pourtant, le Prophète ﷺ trouvait le temps de rendre visite à la famille de Anas, qui était orphelin de son père. Il allait ainsi souvent visiter la mère d’Anas, Umm Sulaym. Et là-bas, il prenait le temps de parler avec le petit frère d’Anas qui n’avait que 3 ans, et lui demander comment allait son oiseau avec lequel il jouait. D’ailleurs, un jour, le Prophète ﷺ vint rendre visite à Umm Sulaym, et y trouva l’enfant attristé de la mort de son oiseau. Il prit alors le temps, lui qui était chef d’un État, d’aller consoler le petit enfant en peine.

Cette douceur, le Messager de Dieu ﷺ l’avait au quotidien, et elle était au cœur de l’éducation qu’il prodiguait. Il montrait ainsi l’affection qu’il avait pour ses compagnons et sa famille en public, en embrassant ses petits-enfants par exemple.
Pourtant, rien ne l’avait préparé à avoir cette douceur, du moins en apparence, lui qui avait grandi orphelin de ses deux parents dans une société tribale qui ne donnait de valeur qu’au plus fort. Sa douceur était d’ailleurs souvent surprenante pour les arabes de l’époque, et elle le serait très certainement aussi pour les sociétés d’aujourd’hui.
Surtout que cette douceur n’était pas seulement réservée à son traitement envers les enfants, mais elle concernait aussi ses rapports avec les adultes.

Citons par exemple cet épisode qui eut lieu dans sa propre mosquée. Au cours d’un de ses prêches, un bédouin vint innocemment uriner sur le pilier au niveau duquel le Prophète ﷺ dirigeait habituellement la prière. Quand les compagnons le virent, ils voulurent l’interrompre et l’expulser de la mosquée, qui est encore aujourd’hui, le deuxième des trois lieux saints de l’islam. Que fit alors le Prophète ﷺ ? Il le protégea et empêcha les compagnons présents d’interrompre ce musulman dans sa besogne. Il attendit que celui-ci eut fini, puis demanda à ses compagnons de verser un seau d’eau sur l’urine.
C’est avec cette douceur, cette modestie, et cette grande proximité empreinte de patience que Muhammad ﷺ parvint à éduquer ses concitoyens, enfants et adultes, et à les faire sortir en un laps de temps très court des coutumes barbares de la société préislamique de la péninsule arabique à des pratiques plus justes et plus respectueuses. Pour finir, citons encore une fois Anas, qui dira tout au long de sa longue vie, qui l’emmena de Médine à l’Irak où il mourut, qu’il n’avait jamais touché quoi que ce soit de plus doux que les mains de Muhammad ﷺ.

%s

X