Le Prophète ﷺ et la jeunesse

Ecouter, donner de la valeur et marquer la vie des enfants étaient trois aspects essentiels de l’éducation que le Prophète ﷺ leur donnait.

Ces trois différents, mais complémentaires aspects de cette éducation avaient pour ambition de faire de ces enfants des êtres libres, forts et indépendants, en bref des êtres accomplis. Le pédagogue qu’était le Prophète ﷺ avait une méthodologie particulière afin d’arriver à ce résultat. Aujourd’hui, nous évoquerons l’insistance du Prophète ﷺ quant à l’écoute des plus jeunes, qui permettait ainsi leur émancipation.
Pour cela, nous nous pencherons sur l’histoire de Zayd b. Hâritha. Zayd était encore enfant lorsqu’il avait été fait prisonnier lors d’une razzia contre sa tribu. Suite à cela, il avait été vendu à la Mecque au marché puis racheté et revendu jusqu’à ce qu’il soit offert par Khadija à Muhammad ﷺ en tant que serviteur, au moment de leur mariage, quinze ans avant la révélation. Plutôt que de trouver chez Muhammad ﷺ une place de serviteur, Zayd, qui était alors âgé d’environ 15 ans, trouva un foyer où il pu se sentir en sécurité et être aimé.
Quand le père de Zayd apprit que son enfant se trouvait à la Mecque, il s’y rendit pour le libérer en échange d’une rançon, comme le faisaient alors les Arabes. Quand il proposa cela à Muhammad ﷺ, celui-ci répondit : « Ton enfant est comme le mien ici ; pose-lui la question, et s’il veut aller avec toi, je le lui permets sans que tu ne paies quoi que ce soit. ». Mais quand son père lui proposa de l’accompagner, Zayd refusa. « J’ai vu en mon maître des choses qui me le font préférer à tous, à tout jamais. » Lorsqu’il entendit ces paroles, Muhammad ﷺ, touché et ému, se rendit à la Ka‘ba afin de proclamer publiquement l’affranchissement de Zayd, qui devrait désormais être considéré comme son fils adoptif.
A travers l’histoire de Zayd, nous remarquons l’effort d’écoute que Muhammad ﷺ fait lui-même et qu’il impose de manière subtile au reste des adultes. Zayd, alors adolescent âgé d’une quinzaine d’années, est considéré comme un égal et le Prophète ﷺ préfère lui donner la parole et l’écouter, et le considérer d’égal à égal plutôt que de le considérer comme immature et inapte à décider par lui-même. D’ailleurs, à l’issu de cet épisode, le Prophète ﷺ choisit d’affranchir l’enfant, de lui redonner officiellement la liberté qu’il avait acquise dans les faits au sein de son foyer. C’est une caractéristique importante du Prophète ﷺ qui encourageait les croyants à en faire de même. Il en vient même à refuser une éventuelle rançon ! Cela montre deux choses. Premièrement, le fait de refuser quelque compensation que ce soit arrête la chaîne de vente de l’enfant et lui rend sa dignité toute entière. Ensuite, ce refus renforce l’importance que le Prophète ﷺ donnait au choix des enfants : la décision finale revient à Zayd, et ne revient ni au Prophète ﷺ, ni à son père biologique. Aucune somme d’argent n’a à interférer dans cette décision, Zayd prend la décision qui lui conviendra le mieux, car il est libre. Nous voyons donc l’attachement du Prophète ﷺ au concept d’émancipation des enfants qu’il faut éduquer tout en leur faisant confiance à travers une participation active à leur propre éducation.
Nous voyons également à travers l’exemple de Zayd, l’excellent traitement dont le Prophète ﷺ faisait preuve à l’égard des enfants, et l’excellence de ses comportements en général. En effet, ainsi que l’a écrit Voltaire « Personne n’est un héros pour son valet. » Le valet étant la personne la plus proche au quotidien de son maître et ayant ainsi accès à la totalité des défauts de celui-ci car il connaît tous les travers et les moments de faiblesse de celui qu’il sert quotidiennement. Un serviteur ne peut donc pas considérer son maître comme un « héros », car personne ne l’est vraiment. Or à travers la parole de Zayd « J’ai vu en mon maître des choses qui me le font préférer à tous, à tout jamais. » nous nous rendons compte de la noblesse des comportements du Prophète ﷺ qui jusque dans l’intimité de son foyer faisait preuve d’une bienveillance incomparable. Ainsi, le hadith « J’ai été envoyé pour parfaire les nobles caractères » prend tout son sens.
A travers Zayd, nous constatons l’importance donnée aux enfants, qui sont en réalité les éléments moteurs de la société de demain. Le Prophète ﷺ les considère dès leur plus jeune âge en leur donnant des responsabilités adaptées à leur situation. Il les intégrait ainsi à la société très tôt, et faisait naître en eux un sentiment d’appartenance à celle-ci et a fortiori un sentiment de responsabilité vis à vis du rôle qu’ils y jouent.

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