Le jour où le Coran a innocenté un juif

Le Coran a été révélé progressivement sur une durée totale de 23 années. Certains versets ont été dévoilés dans un contexte bien spécifique : soit  lors d’épisodes particuliers ou encore dans des circonstances bien précises. On parle alors de la cause circonstancielle de la révélation.

Ainsi, diverses situations ont été à l’origine de la révélation d’un ou de plusieurs versets. Mais saviez-vous que des versets avaient été révélés pour rétablir la justice et innocenter un juif médinois accusé à tort d’un vol qu’il n’avait pas commis ?

Dieu dit dans le Coran, s’adressant au Prophète ﷺ: « Nous t’avons révélé le Coran, ce Message de vérité, afin que tu puisses juger entre les hommes d’après ce que Dieu t’aura enseigné. Ne prends donc jamais sur toi de défendre les scélérats ! » (4 : 105)

Selon l’exégète al-Tabarî, ce verset a été révélé au sujet d’un homme médinois nommé Tu‘ma b. Ubayriq, du clan des Banû Dhifr b. al-Harith. Cet homme, un musulman, avait dérobé un bouclier appartenant à son voisin nommé Qutâda b. Nu‘mân. Ce bouclier avait été entreposé par son propriétaire dans un sac plein de farine. Le voleur, ayant commis son larcin de nuit, négligea ce détail et ne se rendit pas compte que de la farine continuait de tomber du bouclier, marquant ainsi ses pas.

Après être arrivé chez lui, craignant avoir été vu, il prit ce bouclier et alla demander à son voisin juif, Zayd b. al-Samîn, s’il pouvait le lui confier temporairement et le déposer chez lui.

Au matin, le propriétaire du bouclier se rendit compte que celui-ci avait été volé. Après avoir aperçu les traces de farine laissées la veille, il les suivit, ce qui le mena chez Tu‘ma. Interrogé, celui-ci nia catégoriquement avoir vu ce bouclier. Il s’écria : « Je ne l’ai point vu et je ne sais rien à ce sujet ! »

Le propriétaire continua donc de suivre le liseré de farine, qui le mena cette fois-ci jusque chez le voisin juif, chez qui il trouva effectivement le bien volé. L’homme innocent se défendit en expliquant que ce bouclier lui avait été confié par Tu‘ma b. Ubayriq. Celui-ci, plein d’hypocrisie, nia catégoriquement les faits et ne présenta aucun scrupule à ce qu’un innocent soit sur le point d’être  accusé du vol qu’il avait lui-même commis.

Les membres du clan des Banû Dhifr se rendirent alors chez le Prophète ﷺ, ultime arbitre lors de litiges, conformément au texte du Pacte de Médine. Ils lui exposèrent la situation, souhaitant aboutir à une peine juste et conforme aux lois de Dieu. Convaincus de l’innocence de Tu‘ma, ils dirent au Prophète ﷺ « Si tu ne juges pas avec justice, notre compagnon [Tu‘ma] sera alors désigné comme coupable. »

Face aux éléments de preuve apparents, le Prophète ﷺ avait pour intention de punir l’homme juif, quand Dieu révéla douze versets qui vinrent innocenter cet homme et rétablir ainsi la justice.

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